dimanche 8 décembre 2013

Millésimes 2011 & 2012.

CYRIL LE MOING

                                                             Vigneron en Anjou


                                              2011, Bizarre, vous avez dit bizarre…


L’année en bref : Après un bon hiver assainissant, un temps incroyablement sec et  doux s’est installé, chose excellente pour la gestion de l’herbe et du mildiou, puisque 2 traitements et 2 tontes ont étaient suffisants. Fin juillet, j’en étais arrivé à souhaiter de grosses pluies tant l’inquiétude d’avoir des baies minuscules grandissait… on a été servi avec un mois d’aout particulièrement humide et frais, en prime un gros orage de grêle, chose rare pour la région. J’ai été miraculeusement épargné puisque des dégâts importants sont survenus à seulement 3kms de mes parcelles ! En résumé nous avons eu l’été avant le printemps. Conséquences de cette météorologie fantasque, des vendanges anormalement précoces débutées le 24 aout avec une crainte d’explosion du botrytis similaire voire pire que l’an passé d’autant plus que l’été indien se fit attendre pour arriver tardivement en fin de vendanges. Etonnement, ce  ne fut pas le cas peut être grâce à un enherbement plus conséquent qu’à l’accoutumé. Enfin dernier aspect unique à 2011, des fermentations ultra rapides comme je n’en avais jamais vu.

L’équilibre des vins : Avec une météorologie proche de 2010 bien que plus « extrême »,  il n’est pas étonnant que les vins présentent des profils similaires, qui plus est, se goutant  déjà « finis », leur lecture est plus aisée. Les rouges conjuguent belle maturité et souplesse et les blancs, pureté et « relative » légèreté alcoolique…bref, la bouteille, une fois ouverte ne devrait pas faire long feu…buvabilité quand tu nous tiens ! La question étant de savoir l’incidence de ces fermentations tumultueuses (ainsi qu’on les appelaient au 19ème) sur l’équilibre final. 

                                                      Les Blancs 2011

Comme toujours, pressurage direct de raisins exempts de botrytis, et pouf ! En barrique jusqu’à ce que mise s’en suive…généralement un an plus tard et assurément sans souffff ni filtration avec si possible la « malo » faite selon le bon gré de dame nature !

Schistes : vendanges commencées le 24 août, précocité record pour ce sauvignon exposé plein sud. 13° et 20hl/ha.

 Les Gains de Maligné : La parcelle de ch’nin du papa et de son p’tit gars vendangée entre le 12 et 19 septembre à 13°1, 15hl/ha. Quelques bonbonnes de côté ultrabotrytisées comme l’an passé.

Francs de Pied : Première récolte de chardonnay sur faluns sablonneux. Plantée en 2006 en vignes non greffées à haute densité (10000 pieds/ha)…l’espérance de vie d’une telle parcelle étant hasardeuse (12ans chez Mark Angéli), il était temps qu’elle se mette à produire ! Mais le jeu en vaut la chandelle puisque toute jeune qu’elle soit, elle donne cependant un vin d’une profondeur digne d’une vieille vigne, autre atout des francs de pied, 1,5° de moins à maturité égale…buvabilité et digestibilité accrue ! Vendangée le 31 août à 12°, rendement de 17hl/ha…malgré une attaque sévère d’oïdium.

Vignes Centenaires : Les vieux chenins du coteau du Lys ont encore gelé sur leur partie basse, la taille du 31 mars n’y aura rien fait, le rendement néanmoins reste raisonnable : 17hl/ha et 12°7.

                                                      Les Rouges 2011

Méthode immuable depuis mes débuts, cuvaison courte (encore plus vrai cette année, 5 à 8 jours !) vendange entière, malo en barrique et mise manuelle sans aucuns additifs…évidemment !

Reservoir Grolle : grolleau et gamay vigoureux à parts égales, élevage cuve afin d’en faire un vin sul’fruit. Vendangés le 09 septembre à 12°5, rendement : 37hl/ha.

Grolle Noire : Désormais uniquement issu de mes parcelles septuagénaires sur faluns, comme au bon vieux temps (2003-2006)…malheureusement les quantités seront désormais inférieures de près de 50%...  Vendangée le 16 septembre à 12°8, rendement : 23hl/ha.

Le Ponge : Majorité (80%) de vieux gamays sur graves, fermentation record de 5 jours…et sans poud’ de perlinpinpin avec ça ! Vendangés le 04 septembre à 13°, rendement : 22hl/ha

Le Bois du Gland : Réussite majeure de l’année grâce à la magnifique arrière-saison…une partie de la vendange a été ramassée à 14°6, l’ensemble, composé à 70% de cabernet sauvignon et 30% de franc, titre 13°7, cerise sur le gâteau (de marc !), les rendements retrouvent un niveau jamais atteint depuis 2006…soit 16hl/ha. Vendange étalée entre le 23 et 28 septembre.

Vignes Centenaires : Les vieilles mémères de cabernet franc sur graves semblent donner d’une année sur l’autre le vin le plus régulier de la gamme, sans doute l’influence de l’âge des vignes. Vendangée le 21 septembre à 13°, rendement : 24hl/ha.


                      Cyril Le Moing - Château de Fline 49540 Martigné Briand-               

                                  Tél : 0241591983 / Email : clm9803@live.fr


           
Vendange de cabernet franc 2011
                                         

                                                          2012

L’année en bref : 2012 nous aura mené la vie dure de bout en bout, résultat, 40% de pertes…mais comme on dit dans l’coin : on a point à s’plaind’ ! En effet, ce millésime difficile succède à 3 belles années et surtout, surtout, comparée à d’autres régions (de la Touraine au Jura en passant par le Beaujolais), l’Anjou peut s’estimé chanceux tant les conditions furent dantesques pour ces régions. De mon côté, si tous les cépages ont subi des pertes, la « palme » revient au Sauvignon, suivi de près par le Chardonnay…par conséquent, pas de « Schistes » ni de « Francs de pied » mais un assemblage inédit des 3 cépages blancs.

-Conditions climatiques : Ça sentait le roussi dès le début : Hiver doux n’assainissant pas les vignes complètement malgré 15 jours « sibériens » bienfaiteurs, grâce auxquels le mildiou n’explosa que tardivement et ce, malgré les intenses pluies de printemps. Il aura fallu attendre début Août pour qu’enfin l’été s’installe…d’abord vécu comme une délivrance, l’absence de pluies pendant 45 jours se révéla un cadeau empoisonné, créant des bloquages spectaculaires de maturité. La Nature continuant à se jouer de nous, nous eûmes, en guise des quelques pluies nécessaires, des seaux d’eau « «su’ la goul’ » pendant toutes les vendanges ! Fort heureusement les peaux épaisses ont très bien résistées, pas de botrytis, bref des vendanges finalement faciles…en étant optimiste à l’excès, je dirai même agréables, car vu le peu de grappes à ramasser, j’ai pu passer plus de temps à table avec mes amis, multipliant les dégustations comparatives, la période des vendanges étant particulièrement propice à détecter tout vin éloigné du raisin (boisu, souffffff’, et autres malversations…)

-L’équilibre des vins : L’année en « yoyo » va certainement marquer les vins. A tout prendre, les pluies sévères durant les vendanges auront été salvatrices, faute de quoi on aurait ramassé des raisins verts. A l’inverse les vins se montrent légers en alcool mais mûrs et avec une acidité bien équilibré. Quelque chose de 2011 dans la buvabilité, en plus tendu sans retrouver le coté «acideux » de 2008.

 Petite digression… depuis l’an passé, j’expérimente la mise en bouteille « en direct » juste après soutirage afin de ne causer qu’un seul traumatisme au vin, permettant au passage d’incorporer un peu de lies fines bienfaitrices, garantes d’une complexité et d’une longévité accrue, sans parler d’un rendu plus vivant et franc du collier. Toutefois, je vais essayer d’en diminuer la quantité dans les blancs afin de prévenir des réductions et autres autolyses qui pourraient se révéler trop marquées pour les palais précieux !

-VINS BLANCS : Un pressoir, des bourrins à la barre (Le Moing père et fils en première ligne), quelques vieilles barriques et surtout une vendange bien triée…et voilà tout…y a plus qu’à attendre la mise en bouteille !


3 Schistes 9 :Nouvelle cuvée de circonstance…il aura fallu en effet mettre les bouchées doubles et ne pas compter ses heures dans les vignes pour arriver à faire du vin cette année…et même en étant aux petits soins j’ai subi des pertes conséquentes d’où cette cuvée hybride sur une base de « Schistes » et avec mes 3 cépages : Sauvignon (50%), Chenin (30%) et Chardonnay Franc de pied (20%) bref, du tout… 9 ! Vendangé du 12 au 17/09 à 13°, 7HL/HA !!!

Gains de Maligné : Belle vendange dorée à l’équilibre alcool/acidité idéal…à défaut de volumes, appréciez en chaque gorgée, d’autant plus que mon papa (avec qui je fais cette cuvée) aura payé cher de sa personne pour en extraire le jus !!! Vendangé le 30/09 à 13°8, rendement : 12HL/HA.

Vignes Centenaires : J’avais projeté de tenter un oxydatif avec cette parcelle…las, faute de volume, j’ai dû me raviser…mais ce n’est que partie remise ! Équilibre assez proche du style de 2011. Ramassé le 05/10 à 12°6, rendement : 16HL/HA.


VINS ROUGES : Tout pareil que les blancs, en y rajoutant de pleines brassées de rafffffles pour des macérations d’une semaine et hop ! L’été suivant, en bouteille !

Le Ponge : J’ai dû incorporer les jeunes vignes cette année dans la cuvée de Gamay de la maison, seul rouge ramassé avant les pluies (le 23/09) à 13°1, 12HL/HA.

Grolle Noire : Idem pour la Grolle, les parties vigoureuses ont été incorporées à la cuvée, pas de Reservoir donc cette année. Une Grolle classique, ramassée le 02/10 à 12°4. Rendement : 19HL/HA…record absolu de l’année !!!

Le Bois du Gland : 60% Cabernet Sauvignon, 30% Cabernet Franc et une pointe de Grolleau pour une cuvée dont le degré (12°4) ne reflète pas la belle maturité du raisin, sans doute le cépage (avec le Gamay) ayant le moins souffert de la sécheresse d’Aout. Vendangé le 09/10, Rendement : 9HL/HA.

Vignes Centenaires : Le cabernet Franc, on le sait, encaisse mal les millésimes en «  dents de scie », heureusement cette cuvée provient de très vieilles vignes assez peu sensibles aux aléas climatiques…12°2 et pourtant mûr ! Vendangé le 07/10, rendement de 15HL/HA.

Le paternel dans Ses Gains...

Cette année, un couple de p’tits jeunes fraîchement débarqués de leur traintrain parisien, s’installent à Faye d’Anjou. Comme la chance sourit aux débutants et aux audacieux, ils ont récupéré, outre des Chenins non loin des Montbenault de Mr Richard, une parcelle du trop rare Pineau d’Aunis. Contre vents et averses, ils ont ramassé de belles choses et il se pourrait bien que ça se passe sans soufre !!!  Dans le secteur des Nourissons, œuvrent 3 compères depuis 2010 avec un souci de bien faire doublé d’une humilité rarement rencontrée dans le « milieu », où jouer de son égo et briller en « société » semble être malheureusement plus profitable qu’un  quotidien fait de labeurs et de doutes tant dans les vignes qu’à la cave !

2 priorités donc : 

Vincent Bertin & Stéphanie Debout : deboutbertin@yahoo.fr 

Julien, Jean marie et Thiebault  « les Roches Sèches » : 02.41.66.65.43 www.les-roches-seches.fr

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