vendredi 11 décembre 2015

2015, beaucoup d'espoir et peu de grandes choses



L’ANNÉE en BREF: On y a cru au retour des années fastes, on a frôlé la gloriole, il s'en aura fallu de 15 jours... 15 jours de sécheresse en trop qui ont fait basculer le millésime de potentiellement monstrouss à finalement une année dans la veine des  précédentes, avec tout de même globalement un peu plus d’épaules.
 Caractéristique fâcheuse sans doute due au climat; (car on retrouve la même situation en Beaujolais par exemple) des fermentations paresseuses en complète antinomie avec un 2014 tumultueux au possible
Première cuvée officielle de vin blanc de macération (merci Péron!) mais rassurez-vous pas de hausse de tarif alpestre ni d'amphores en forme de suppositoire à l'horizon...
Non sans peine, j'ai décidé à partir de l'an prochain de me séparer de la parcelle de sauvignon, devenue trop difficile à travailler vu mon  age avancé...et celui de mon motoculteur!

CLIMATOLOGIE: Pas grand chose à dire jusqu'en Août; une année pépère, sans gel, ni grêle ou mildiou avec une herbe poussant gentil gentil, à peine pourrais-je reprocher de la part de certains insectes un certain manque de courtoisie à mon égard...mais je m’égare.
 C'est bien connu, pour un gars qui travaille (avec) la terre, le bon temps c'est un bon temps qui dure pas trop longtemps...subséquemment (fallait l'placer çui-là) la sécheresse a commencé à sérieusement se faire sentir début Août avec de nets blocages de véraison. Malheureusement les pluies attendues n'arrivèrent que fin Août...trop tard pour faire monter les degrés mais suffisant pour débloquer les maturités. Un deuxième épisode hallebardesque mi-Septembre ( 140mm cumulés entre la fin Août et le 18 Septembre) s’avérera étonnamment positif pour les raisins, particulièrement durs et résistants avec des peaux d'une épaisseur jamais vue. Retour du traditionnel été angedien nous permettant de laisser traîner les cabernets au soleil.

ÉQUILIBRES: Difficiles à affirmer étant donné la lenteur des fermentations, beaucoup de vins ont encore pas mal de suc' mais à la suite de la vendange ramassée on devrait avoir des blancs classiques, ni trop ni trop peu acides non plus qu’alcoolisés et des rouges dans la même veine avec à priori la trame tannique la plus marquée depuis 2010...du moins je l’espère, ça me manque les commentaires du genre: " Oh! la vache, c'est sèèèèèèèveux...mais bordel, c'est qu'il y a mis les branches!"
Concernant le style "maison" de vinifications, je renvoie les nouveaux venus aux anciens zarticles.  
Petite digression sur la notion de vin naturel, principe étendu ici jusqu’à la non-maîtrise des températures de fermentation avec pour conséquence cette année des cuvaisons plus longues parce que plus froides parce que... plus lentes. J’expérimente aussi depuis 2013, un élevage oxydo-réductif, à savoir de longues périodes de non-ouillage (jusqu’à deux mois et demi) contrebalancé par des mises en bouteilles plus chargées en lies...on verra bin où cela nous mène!
                                                                           LOS BLANCOS  ...en catalan dans le texte!
macération: Après avoir pensé l'appeler cuvée Gaza (macère à Sion), me suis dit qu'il fallait pas trop la ramener en ce moment dans un milieu du pif désespérément Israëlophile ou au mieux englué dans la bienpensance ovine. Surtout, faudrait pas que je perde mes deux plus gros marchés, Paris et Tel-Aviv! Fin de parenthèse frivole et revenons au sérieux, le sauvignon pour sa dernière sortie sera donc vinifié en macération (avec les raffffff,' of course!), pimenté de 20% de chardo franc de pied. 14hl/ha et 12.3° 
gains de maligné: Miserere en terre schisteuse, va falloir la relancer sérieusement l’année prochaine...belle vendange dorée, point de doucereux cette année. Un piteux 08hl/ha...12.8°, ce qui en fait le plus puissant de la bande...c'est sans doute la patte du père qui s'exprime!
vignes centenaires:  A l'inverse des Gains, avec une générosité égale au 2014 (27hl/ha). Quand je pense que j'ai enlevé au printemps la moitié de la vendange...Option léger élevage oxydatif (un an) sur ce vin cette année. Un chenin du Lys à 11°, un brin acideux...la cuvée devrait faire honneur aux glandes salivaires!
franc de pied:  Idem pour les vignes françaises de chardo, très satisfaisantes avec un rendement record de 16hl/ha et un 10.5° de bon aloi. Le "petit" 8° de l'an passé évolue très bien, merci pour lui.
                                                              
                                                                            LES ROUGES 
le ponge: Un Ponge de style classico, encore un peu juste en rendements, mais j'ai de l'espoir pour 2016. Un 12 au carré, rendement et degré.
grolle noire: Certainement un grolleau séveux tant étaient épaisses les peaux des raisins, plus encore que celles des cabernets. Sans doute ramassé un poil tôt (11.2°)... mais on fait bin c'qu'on peut ma pauv'dame. 17hl/ha.
pachamama: Même constat rafflu avec la cuvée de la fratrie, bien plus burnée que 2014 (que sœur Sylvia me pardonne cette image). Un peu plus de grolleau noir et moins de gris avec une dominante de cabernet sauvignon (60%).
le bois du gland: Enfin des volumes décents, 12hl/ha...quand même! Faut dire que je n'ai pas ménagé la pioche dans l'carrée de petite vidure. 12.8° au compteur.
vignes centenaires: Ramassé pour une fois en dernier, le "franc" étant peu compatible avec de longues sécheresses. Notons que les cabernets s’étant assouplis à la faveur des pluies et de la belle arrière saison, ils ne devraient pas être beaucoup plus tanniques que les grolleaux. 14hl/ha et record de l’année: 13.2°.

Quelques petits clichés du millésime:


Les tailles à verges dans le chardo... 

       
...portent leurs fruits. Encore une belle quenelle dans le fion des sciençinfusistes qui m'avaient pronostiqué l’échec quant à cette taille... 
sans jamais d'ailleurs l'avoir expérimenté eux-mêmes. Jeune vigneronnet qui me lit, prend garde au vieux barbon à foulard ou écharpe d'outre-mer qui pérore du haut de son ex-périence.
La pente plein sud dans le sauvignon aura eu raison de mon vieux corps...
Vendange au Ponge
Le Père, élément moteur...toujours au taquet!
Pas facile de s'approcher du pressoir quand il est dans les parages
Les toutes dernières grappes de sauvignon made in Le Moing...la parcelle devrait être reprise par la miss Charlotte.



Bien orange, bien séveux....hummmm! 
Le pédoncule (toi-même!) commence à  aoûter, signe que la vendange approche...

Deux semaines plus tard, décuvage dans la joie et la bonne humeur du dernier cabernet...on en boirai, non?

Mais les vendanges, c'est aussi les joies de la table, la franche camaraderie et tire-bouchon qui fume! 
        


Et comme une ritournelle désormais, à chaque millésime son petit scarabée...




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