dimanche 1 septembre 2013

Analyse sérieuse VS girouette à géométrie variable

"Je constate qu’une politique systématique a été mise en oeuvre. Tous les chefs d’Etat arabes qui étaient les tenants d’un pouvoir fort étaient -et sont toujours - dans le collimateur. Si Maleh au Yemen, Moubarak en Egypte et Ben Ali en Tunisie ont été, certes, chassé par leur peuple, Saddam Hussein en Irak, Khadafi en Lybie et maintenant El-Assad en Syrie ont été visé par l’étranger, c’est-à-dire l’Amérique, marchant la main dans la main avec Israël."
"Je sais, par mes canaux, que Barack Obama fait tout pour éviter le conflit. Il a cependant très sensiblement reculé par rapport à son discours du Caire, en 2009, qui était censé fonder sur de nouvelles bases les relations entre les USA et le monde arabe après la désastreuse ère Bush. Sous la pression du puissant lobby judéo-américain, le président des Etats-Unis fait montre désormais de complaisance vis-à-vis du gouvernement Netanyahou et de sa politique expansionniste dans les territoires occupés."
Roland Dumas "Dans l’oeil du Minotaure", 2013.


Nous sommes pour la paix : c’est notre tradition, notre volonté, notre aspiration. Mais nous avons toujours su prendre nos responsabilités en acceptant le conflit, avec ses risques, chaque fois qu’il pouvait permettre de préserver la stabilité et la primauté du droit. Aujourd’hui, cependant, rien ne justifie une guerre. Tout, même, commande de la prévenir, de l’empêcher. [...]
De nombreux pays, en effet, s’opposent au recours à la force, et il est des circonstances où seul compte l’essentiel : les valeurs, les principes, le respect du droit, la République et la paix. Et, sur ce qui nous paraît nécessaire, juste et utile, il convient de nous rassembler ! 
La France est forte chaque fois qu’elle est unie sur une ligne claire. Puisque nous pouvons aujourd’hui défendre les mêmes positions avec l’appui d’une majorité de Français, ne nous privons pas de cette chance. Des foules considérables se sont mobilisées ces dernières semaines, en particulier dans les pays dont les gouvernements étaient plutôt enclins à suivre les États-Unis, mais aussi aux États-Unis mêmes. Cette mobilisation, cette prise de conscience citoyenne est un atout décisif ! [...]
La France doit aller, le cas échéant, jusqu’au bout : jusqu’à user de son droit de veto, pour éviter l’aventure, la fuite en avant et le déchaînement des passions et des armes.
Le veto, ce n’est pas seulement une arme de dissuasion, une menace, un chantage ou une agression. C’est le fait de dire non à la guerre préventive.
On nous objectera que notre opposition entraînerait une rupture irréversible avec les États-Unis. Mais ce ne serait pas la première de notre histoire récente : souvenons-nous de notre départ de l’organisation militaire en 1966 ou de notre contentieux à l’époque de la guerre du Vietnam.
Chaque fois, nous avons réussi à surmonter ces conflits parce que nos deux pays sont liés par leur histoire, par des dettes respectives, et partagent, heureusement, sur les libertés, les mêmes valeurs. Mais il ne s’agit pas là d’un conflit d’intérêts, ni d’un défaut de solidarité d’un allié à un maître. Nous avons dit notre horreur face aux attentats du 11 septembre. Il s’agit, entre les Américains et les Français – et je l’espère, les Européens –, d’une divergence sur la conception du monde et l’utilisation de la force. Celle des États-Unis est dominatrice et déstabilisatrice. [...]
Face à la stratégie américaine, qui n’est rien d’autre que le retour de l’impérialisme et de l’unilatéralisme, avec en outre un élément personnel, presque religieux [...], il convient de mettre en place un monde multipolaire fondé sur le droit, seule protection du faible contre le fort. [...]
De même, nous ne pouvons rester silencieux sur la question du Proche-Orient. Aucune initiative n’y a été prise ces derniers mois. Aucune pression n’a été exercée, notamment sur le gouvernement israélien. Là encore la France doit jouer son rôle, sans se borner à dire aux uns et aux autres ce qu’ils ont envie d’entendre. [...]
Il ne s’agit pas seulement d’éviter une guerre, mais une série de conflits suscités au nom d’un ordre du monde décidé unilatéralement, par une seule puissance. [...]
L’Europe est l’instrument d’un monde multipolaire, elle ne peut être une simple union d’intérêts marchands. De la capacité de l’Europe à intervenir dépend aussi la stabilité du monde. Enfin, la France doit porter son message universel, celui de la paix, du droit, et de la justice internationale contre la force. Nous, socialistes, voulons que cette position soit tenue jusqu’au bout, sans relâche, ni faiblesse. Notre engagement ne variera pas. Ce sera toujours “Non à la guerre !”, et je souhaite que ce soit aussi celui de la France.
Extraits du discours de François Hollande à l’Assemblée nationale 
le 26 février 2003, au sujet de la guerre en Irak

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